Voici quelques conseils pour trouver un emploi qualifié en Espagne. Je précise que je ne donne pas de solution miracle, je n'ai pas de contacts en entreprise et pas de travail à offrir (malheureusement !). Ne manquez pas de lire l’article en fin de post, “Jeunes diplômés: les conseils de professionnels pour trouver un poste en Espagne“, il reflète très bien la tendance actuelle du marché du travail espagnol.

Trouver un emploi via Internetordinateur

Je vous renvoie à l’article de Sol, qui a déjà résumé tout ce qu'il faut savoir sur la recherche d'emploi via Internet en Espagne sur ce forum (aller à l'article).

Les démarches sont bien expliquées et de nombreux liens sont donnés.

Trouver un emploi (sans Internet)

Les démarches ne varient pas beaucoup avec la France. Votre CV et votre lettre de motivation dans votre pochette plastique, vous vous rendez directement aux bureaux des entreprises où vous souhaitez travailler. Normalement, une secrétaire prendra votre CV et vous dira qu’elle le transmet.

Vous pouvez insister et demander s’il y a des postes vacants, vous pouvez même lui demander à rencontrer le responsable RH. 99 fois sur 100 on vous dira que ce n'est pas possible et d’attendre qu’il vous appelle pour un entretien, mais il se peut aussi qu’il soit dans les parages et que justement ce jour-là il ait besoin d’embaucher quelqu’un. C’est plus un coup de chance qu’une technique de recherche d’emploi, mais ça peut marcher…

importantLes relations, facteur important pour trouver un travail en Espagne

Avoir des relations aide à trouver un travail, et cela dans n’importe quel pays. En Espagne, ce fait est encore plus vrai. L’ “enchufe” (le piston) est courant et pas spécialement dissimulé. Dans certains cas, c’est même carrément gros (le fils du directeur a un des meilleurs postes et fait partie des personnes les mieux payées, alors qu’il n’a même pas le bac), dans d'autres, c'est plus discret, un petit coup de pouce quoi !

Si vous arrivez en Espagne sans connaître personne, il faudra vous créer votre réseau de relations. Les gens ont le contact facile, n’hésitez donc pas (sans passer pour un oportuniste non plus) à dire que vous rechercher du travail dans tel ou tel secteur. Personnellement, j’ai passé un entretien d’embauche plusieurs mois après avoir rencontré (sans le savoir) le sous-directeur d’une entreprise sévillane dans un avion. Après m’avoir aidée à porter ma valise et bien discuté dans l’avion, nous avions échangé nos cartes de visite. Quelques mois plus tard, son entreprise m’appelait pour un entretien.

r_unionSi vous voulez travailler en entreprise, un bon niveau d’espagnol vous sera normalement demandé (que vous puissiez répondre au téléphone, vous exprimer, et comprendre ce que l’on vous dit).

NB: Lorsque j’ai commencé à travailler (en stage), personne ne m’a demandé si je me sentais capable de répondre au téléphone ou encore d’écrire des lettres commerciales. J'ai du le faire, et heureusement pour moi que c'était quelque chose que je maitrisais à peu près déjà (ensuite avec la pratique, tout s'apprend).

Pour trouver un travail, vous pouvez répondre aux annonces des sites précedemment cités, et envoyer votre CV en candidature spontannée. Sachez à l’avance que vous devrez persévérer, on peut envoyer plus de 100 candidatures spontannées et n’avoir aucune réponse.

Par ailleurs, lorsqu’on sort de la fac en Espagne, même avec un bon Master en poche, on est considéré comme débutant et on a la paye qui va avec. C’est l’expérience qui compte avant tout.

A Séville, on m’a déjà dit lors d’entretiens que j’avais un très bon profil, de bonnes connaissances théoriques, et que je pourrais avoir le poste. En revanche, les premières années, il faudrait se dédier plennement à l’entreprise, faire des heures supplémentaires, assumer un poste à responsabilités, et cela pour un salaire de moins de 1000€ par mois.

Je ne sais pas dans le reste de l’Espagne, mais sur Séville, entrer dans une entreprise en étant sous-payé est fréquent. Si on donne de bons résulats, on peut décrocher un contrat fixe et avoir une bonne paye dans les années suivantes. Il y a aussi des entreprises qui exploitent le système et qui ne renouvèlent pas leurs employés.

Enfin, voici un article très intéressant écrit par Maud Gangler, paru dans le courrier d’Espagne le 17/04/2006. (lien)

Jeunes diplômés: les conseils de professionnels pour trouver un poste en Espagne

Nombreux sont les jeunes Français qui veulent tenter leur chance en Espagne. Deux professionnels français basés à Madrid et Barcelone évoquent les facteurs clés de succès mais aussi les difficultés pour mener à bien ce projet.

Alors que la France se débat avec son Contrat Premier Emploi, l’Espagne accueillerait, selon l’Ambassade française, 120 000 résidents français et la communauté française serait en net rajeunissement. De nombreux jeunes diplômés Français sont attirés par la qualité de vie espagnole mais une partie d’entre eux méconnaît la réalité ou plus exactement, les réalités, du marché du travail espagnol. Celui-ci se caractérise principalement par son dynamisme, sa flexibilité mais aussi parfois sa précarité.

Selon Guillaume Pasquet, un poitevin de 33 ans qui vit depuis 1998 à Madrid où il mène une carrière réussie dans le secteur des nouvelles technologies, « le marché espagnol est dynamique. Il est possible d’évoluer rapidement mais en tant que jeune diplômé il faut laisser tomber les références que l’on peut avoir par rapport à la France. » Le taux de chômage espagnol (8,4%) est devenu inférieur à celui de la France et plus de 60% des nouveaux emplois crées dans la Zone euro en 2005 l’ont été en Espagne. Néanmoins, le taux de chômage des jeunes au dernier semestre 2005 était encore de 18,5% et nettement plus élevé dans certaines régions comme l’Andalousie.

Un marché dynamique et exigeant

Selon Thierry Bohn, directeur d’Euro Consulting Partners, cabinet de recrutement français basé à Barcelone et Madrid, « il est difficile pour un jeune diplômé français de venir travailler en Espagne ». Il invite d’ailleurs les jeunes Français à ne pas perdre leur temps: « Il faut être sur place, c’est inutile d’envoyer son CV de France. L’idéal, c’est un jeune qui a passé minimum 6 mois en échange Erasmus, qui parle donc parfaitement l’espagnol ou bien qui a fait un VIE en Espagne ou en Amérique Latine ». La trajectoire de Guillaume Pasquet reflète parfaitement ces conditions de succès. « Je suis venu m’installer en Espagne sans travail. Mais j’avais fait un master à Salamanca et maîtrisais donc très bien la langue. J’ai commencé par un stage puis une société française implantée en Espagne m’a embauché ».

Il est certes compliqué pour un jeune diplômé de venir travailler en Espagne, cependant certains métiers sont en explosion : « Les métiers porteurs sont les postes de commerciaux, d’ingénieurs et ceux liés à la construction comme chef de chantier» souligne Thierry Bohn. Il est primordial pour certains postes de connaître le marché espagnol. « Les PME, PMI françaises qui veulent s’installer en Espagne nous demandent des développeurs, des gens terrain » précise le directeur du cabinet de recrutement.

Recherche d’emploi, la force du réseau

Guillaume Pasquet a su comprendre les spécificités du marché du travail espagnol et en saisir les subtilités. « Le networking, c’est ce qui fonctionne, mais il vient avec le temps. Pour un premier job, Infojobs peut fonctionner.». Le réseau reste en effet le meilleur allié en Espagne pour la recherche d’emploi, quel que soit le profil du candidat. Les autres sources sont les principaux sites Internet avec le leader Infojobs et la presse du dimanche avec El País, ABC, El Mundo et La Vanguardia en Catalogne. Il ne faut pas hésiter à consulter les sites de l’APEC et de l’Espace Emploi International. (Voir encadré) « J’avais mon CV mis sur la web de l’APEC et c’est comme cela que j’ai trouvé un de mes postes » explique Guillaume Pasquet. Les sociétés d’intérim espagnoles (ETT) ne permettent en revanche pas à des jeunes diplômés de trouver un travail, elles ne s’adressent pas en général à des universitaires.

Pour Thierry Bohn, «les jeunes diplômés ont intérêt à contacter la Chambre de commerce française et le consulat, ils doivent apparaître dans leurs bases de données. » Il leur conseille par ailleurs «d’envoyer leur CV aux sociétés françaises dont ils peuvent se procurer la liste dans les chambres de commerce ». Ils peuvent également envoyer leur candidature aux cabinets de recrutement.

Mais le meilleur moyen de venir en Espagne dans de bonnes conditions est de travailler dans un groupe français qui vous envoie en Espagne. « Cela a été mon cas », précise Thierry Bohn.

Sur le CV, il est conseillé de mettre l’équivalence espagnole du diplôme, soit « licenciatura » au lieu de «maîtrise ». La graphologie étant peu utilisée, il est recommandé d’envoyer une lettre de motivation dactylographiée. Quant à l’entretien de recrutement, il se différencie peu de l’entretien en France. Il a souvent lieu dans une ambiance plus informelle. Selon Guillaume Pasquet « les relations sont plus détendues, on traite de thèmes extérieurs à la recherche d’emploi ». Le recruteur aura tendance à insister pour savoir combien de temps le candidat souhaite rester en Espagne par peur de s’entourer de professionnels instables. Les jeunes candidats français devront donc démontrer leur envie de s’intégrer. Les processus pouvant être lents, n’hésitez pas à relancer le recruteur s’il vous a donné son feu vert pour le faire.

Le poids des contrats temporaires et la surprise des niveaux de salaires

Le marché du travail espagnol se caractérise notamment par l’importance des contrats temporaires, avec les « contratos por obra y servicios » et les « contratos en prácticas ». Plus d’un tiers des travailleurs espagnols ont un contrat temporaire et selon le baromètre IESE/Adecco, en 2005, 64% des nouveaux contrats ont été temporaires. Mais ce n’est évidemment pas une fatalité selon Guillaume Pasquet qui a toujours obtenu des contrats à durée indéterminée.

Les jeunes diplômés Français qui arrivent en Espagne sont souvent étonnés des salaires qu’ils se voient proposer, puisqu’ils se situent en général dans la fourchette 18 000-25 000 euros. « Il faut faire une étude avant de venir chercher un travail en Espagne. C’est un frein pour un recruteur si un candidat donne des chiffres aberrants » note Guillaume Pasquet. Par ailleurs, le système des grandes écoles est typiquement français et les jeunes diplômés sortant de l’une d’entre elles ne recevront pas le même accueil qu’en France, à moins bien sûr de travailler dans un environnement français.

S’il est vrai que les salaires des jeunes professionnels sont nettement inférieurs à ce qu’ils pourraient obtenir en France, l’écart tend à se lisser avec les années. Les disparités salariales sont plus fortes qu’en France, les salaires de postes de haut niveau pouvant même être plus élevés que les salaires français.

Faire carrière en Espagne ?

Guillaume Pasquet est un exemple de réussite professionnelle d’un Français en Espagne. Il a en effet su attirer l’attention des recruteurs du monde des nouvelles technologies et a récemment intégré Cognos, leader mondial de la Business Intelligence, en tant que Responsable commercial pour l’Espagne. Quels ont été ses atouts au regard des recruteurs ? La maîtrise des langues, une intégration réussie en Espagne et un comportement proactif. « Certaines structures sont assez hiérarchisées et paternalistes. Je suis convaincu qu’en Espagne, il faut changer pour évoluer. » Thierry Bohn confirme que l’on peut faire carrière en Espagne « Pour un poste de responsable de filiale, les salaires ne sont pas plus faibles qu’en France ». Comme le dit le refrain espagnol « No se ganó Zamora en una hora» !