Raconte-moi ton quartier : Arturo Soria - 1ère partie [Madrid]
Arturo Soria: la “petite maison dans la verdure”
Ou comment passer sans traumatisme majeur du centre de Madrid à la banlieue Est
Dans la série « Le soleil se lève à l’Est » : (en 2 articles)
1- Barrio Arturo Soria zona metro Arturo Soria (ce post)
2- Barrio Arturo Soria zona colonia “El Bosque” (à venir)
Qui vous écrit ? Mon avis peut-il être le vôtre ?
J’ai appris récemment que je suis une TCK, douce abréviation de Third Culture Kid, un pur produit d’expatriés dont parle très bien mon amie américano-péruvienne Ursula dans son blog www.chicaperika.blogspot.com. C'est-à-dire que dans ma famille, nous sommes des « hommes aux semelles de vent » comme dirait Verlaine. Changer de pays, de culture, adopter un rythme différent de celui de la France, c’est pour moi un choix assumé, une envie gourmande de découverte et de partage. Pour autant, je revendique un passé parisien, et de lointaines racines toulousaines et bretonnes plus vivaces que mes quelques années tourangelles. Alors j’aime respectivement : les boutiques de créateurs, le théâtre, les boulangeries et les bistrots au coin de la rue; les couleurs de briques de la ville rose, la manzana et les gens qui parlent fort; les grands espaces, la proximité de l’eau et les festnoz ; la vie de château et le Montlouis…
Quel est mon quartier ? Mon Arturo Soria à moi deviendra-t-il le nôtre ?
J’habite et je travaille à Madrid depuis 10 ans. En arrivant, je me suis installée dans le quartier de Salamanca, en vraie « célibattante » prête à tester les bars, les boîtes et les Espagnols. Ce quartier aux jolis immeubles presque haussmanniens était une bonne option pour accéder facilement à mon lieu de travail situé à la Moraleja. Puis j’ai rencontré mon futur mari, Français lui aussi, et vivant à Arturo Soria. En blaguant sur « la banlieue », j’ai franchi le « périph » de la M30, pour aller vivre avec lui. Dix ans après, je pense toujours que la zone d’Arturo Soria est une banlieue, mais c’est une banlieue fantastique pour profiter d’une belle qualité de vie madrilène tout en restant à 10min du centre en moto… Serait-ce le quartier de vos rêves ? Est-ce possible de concilier verdure et culture, repos et tapas ?
Arturo Soria, c’est une avenue plantée d’arbrescentenaires longue comme un jour sans pain, parallèle à la Castellana, à l’Est de la M30. Tout au long de ces 6 km de coulée verte conçue par l’urbaniste Monsieur Soria himself, sympathique moustachu dont la statue surplombe l’A2, il y a plusieurs ambiances. J’imagine qu’on vous parlera très vite du Parque, le Parque Conde de Orgaz qui jouxte le lycée français et qui par nature est souvent proposé aux expatriés. Vos enfants seraient fous de joie (ou vous-même…) de vivre à côté de chez Zinedine Zidane ? Choisissez le Parque. Si vous n’avez pas cet impératif, vous vous rendrez compte que tout le quartier d’Arturo Soria, qui administrativement parlant est désigné sous le nom de Hortaleza en mémoire de son passé de zone maraîchère, offre des options de location ou d’achat plus abordables que celles de l’hyper-centre de Madrid. Je laisse au lien www.idealista.com le soin de satisfaire toute votre curiosité sur l’histoire, la géographie et le prix au m2 du quartier d’Hortaleza.
Pour ma part, je peux vous décrire 2 façons de vivre à Arturo Soria : dans une« résidence avec services », à savoir en appartement ambiance Melrose Place bon enfant, dans le quartier de Pinar del Rey ou bien dans un « chalet », une maison individuelle avec jardin dans le quartier d’Apostol Santiago. Et si le luxe c’était l’espace ?
1ère partie : la zona « Metro Arturo Soria ».
Nous avons habité quelques années rue Arturo Soria même, dans un ático : un dernier étage de 120m2 avec terrasse de 60m2 dans une petite résidence d’une dizaine de copropriétaires, avec piscine, jardin commun, concierge et garage. Situé à 400m au Nord du métro, au croisement de la rue Lopez de Hoyos et d’Arturo Soria.
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Les avantages :
- Un bon rapport qualité de vie/prix :
o La chaleur : il fait doux sous les grands pins, toujours 2-3º de moins que dans Chueca, le vent de la Sierra souffle le soir au fond des bois. Pour un peu on se croirait à Boulogne…
o La facilité de parking : même si l’on n’a pas de garage, on trouve toujours une place. Et même pléthore de places après 20h00 lorsque les commerces ferment, ce qui tombe bien, c’est l’heure à laquelle on rentre du boulot. Dans Salamanca, c’était une telle galère de se garer que j’avais fini par louer une place de parking à prix d’or entre 2 colonnes de béton. Oui, j’en avais marre de me faire percer les pneus (oui, j’étais immatriculée 75 : et alors ? Mon mari ajouterait que je me garais comme une gorette…)
o La sécurité : Madrid est la ville la plus sûre d’Europe paraît-il, à Arturo Soria on en a la certitude. Les petites rues sont assez passantes pour toujours être rassurantes et le voisinage n’est pas bruyant : familles, ecclésiastiques (un nombre de couvent au m2 record), personnes âgées aux retraites confortables. C’est un quartier de « toda la vida » où les enfants n’habitent jamais bien loin des parents (voire dans la même résidence !)
o Les installations : lorsque l’on arrive de Paris, il est fort surprenant de passer son vendredi après-midi à la piscine du 15 juin au 15 septembre… Le week-end, les voisins organisent bien souvent un apéro improvisé autour d’un baril de bière fraîche. Que de souvenirs émus de barbecues interminables sur la terrasse, sous les étoiles. Le dimanche, un petit padel sur le court de la résidence. Un jogging au parc de Pìnar del Rey situé à 500m. Puis une petite bière (encore ?!) au chiringuito du parc pendant que les enfants s’amusent aux attractions installées pour les « Fêtes d’Hortaleza » l’été. Et le tout pour un loyer peut-être 10% moins élevé que dans l’hyper-centre. Parlons chiffres : un loyer de 700 € il y a 10 ans, soit aussi élevé que mon 50m2 de Salamanca.
- Les commerces et les services.
A ce niveau de la rue, un VIPS a eu la courtoisie de s’installer. Ce drugstore/cafet’ m’a dépanné des centaines de fois le dimanche et le soir après le boulot. Rien ne manque autour de la résidence : dans le désordre, banques, bureau de poste, superette de qualité, l’indispensable chinois « todo a cien », droguerie, jardinerie, esthéticienne, coiffeur, mercerie, Burger King, papeterie…Une station-essence à 20m, avec sa shampouineuse à chien (véridique), sa boutique et son tunnel de lavage, bon point pour les hommes semble-t-il. Le ravitaillement hebdomadaire peut se faire au Carrefour du centre commercial Gran Via de Hortaleza. Ou encore à l’Hipercor de Campo de las Naciones, à 10min en voiture. On est également à côté de la « mairie d’arrondissement » d’Hortaleza, ce qui est bien commode pour toutes les démarches administratives. Tout près, hôpitaux et cliniques (notamment la Clinica Belén, qui a vu naître de nombreux petits Français). Collèges espagnols et sinon lycée français malheureusement à 10min en voiture alors qu’il est seulement à 2km (bizarrement Arturo Soria est toujours bouché à 9h le matin et 18h le soir…). Le ciné de quartier a fermé en 2005, dommage, il faut prendre la voiture maintenant pour se divertir : la Patinoire est toute proche, avec son bowling et un gros complexe de cinés ou bien ciné au CC de la Moraleja Green, aussi pour le golf et inscrire les enfants au padel.
- L’accessibilité et les transports en commun.
On peut vivre dans ce quartier sans voiture grâce à la proximité du métro, et des lignes de bus qui sillonnent Arturo Soria du Nord au Sud. De plus, quand on voyage souvent, c’est un luxe de pouvoir aller à l’aéroport en métro, en seulement 15 min. Et avec une voiture, on rejoint immédiatement les grands axes, M30, M40, A2, Avenida de América, etc. En 20 min de métro ou de voiture on arrive à Cibeles.
Les inconvénients :
- Le bruit incessant et la pollution : Arturo Soria est une grande artère au trafic insupportable. Et la proximité des hôpitaux nous donne l’honneur et l’avantage de subir les pimpons stridents des ambulances à toute heure. Double vitrage qualité aéroportuaire indispensable pour des nuits sans réveil en transe.
- La médiocre qualité de l’habitat : mauvaise isolation thermique et phonique, absence de clim (impensable sous les toits de Madrid), fuites en tout genre… Beaucoup d’immeubles dans la zone datent des années 60 et les propriétaires ont souvent rénové (ou pas d’ailleurs) avec des matériaux bon marché pour un simple « lavado de cara ». De toute façon, si l’on est réfractaire à la brique, on va détester ces immeubles rouges sans charme tous sur le même modèle.

- Quid du plaisir du shopping futile ? Il faudra quand même faire une descente en apnée dans le centre au moins une fois par mois pour voir des jolies boutiques de fringues si le lèche-vitrines en centre commercial vous abrutit. Et si l’on veut se déplacer rapidement, la voiture reste à mon sens indispensable. La ballade inutile reste en revanche possible, même si le vélo me semble suicidaire sur Arturo Soria, mais pourquoi pas dans les petites rues parallèles ? Et oubliez les rollers à Paris.
Les bons coins :
- Vite, un docteur ? Le plus sympa des francophiles et francophones du quartier est le Docteur Gomez, médecin généraliste sans rendez-vous, du lundi au vendredi de 18.00 à 21.00 rue José Silva. Il parle un français délicieux. D’un coup de voiture, on peut aller rue Machu-Pichu à la pharmacie 24h/24 et 7j/7 : ils sont habitués à rechercher les correspondances entre médicaments espagnols et français et ne feront pas des yeux comme des soucoupes quand vous commanderez de l’homéopathie (d’ailleurs, ils ont les basiques en stock).
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Un resto recommandable pour un dîner entre amis ou un dimanche en terrasse/jardin avec les lutins : le Beef Place, bonne viande argentine et cadre moderne rue Matias Turrión. Autres options : du japonais à l’italien et au chinois, c’est l’embarras du choix. Leur bon point : take away possible. Le cubain rue José Silva est bon aussi. Pour un moment romantique, il faut profiter du jardin de l’hôtel Quinta de los Cedros en été.
- Un verre entre amis, un petit déj avec les loulous, un déj pro rapide, besoin de se rafraîchir sous les brumisateurs ? Les terrasses du centre commercial d’Arturo Soria Plaza offrent un cadre protégé : programmation de jazz en live l’été, animations le week-end avec marionnettes, magie et châteaux gonflables pour les smalls, le Lateral pour des tapas de qualité, des cocktails et des fauteuils mous pour faire le loukoum… Et pour les braves : une choucroute, c’est possible au resto germanique Fass…
Tapas du Lateral
- Une empanada de thon presque sucrée tellement la ratatouille est confite, et ce petit bonheur pour seulement 0,20€ ? C’est dans la boulangerie/mini-épicerie dans son jus (3 boîtes d’œufs, quelques paquets de biscottes, des conserves et des roudoudous) de la rue Santo Angel. Une torrija (pain perdu au miel vendu à Pâques) très très très fondante ? C’est à la boulangerie/cafeteria Delicias Mil de la rue Lopez de Hoyos. Une des meilleures galettes des Rois ? Il faut prendre la voiture et aller derrière le Lycée à la boulangerie/pâtisserie Mundo Delicias (oui, elle mérite le nom de pâtisserie, c’est assez rare pour être souligné), rue Andorra nº89. Les pains spéciaux sont canons aussi. Un bon jambon ? Delikatia au centre commercial d’Arturo Soria Plaza. On vous le tranche et on vous l’emballe sous vide sans frais. Une fringale de fromages français ? Poussez la porte de la mini-boutique dégustation de Los Quesos de Amélie, en face du CC Arturo Soria Plaza.
- Vous voulez apprendre à danser la salsa avec votre chéri ? L’école de danse El Ratón est connue dans tout le quartier.
- Vos enfants veulent apprendre à nager ? Essayez la petite piscine proprette de l’école Ramon y Cajal rue Lopez de Hoyos.
- Les garderies : Les P´tits Bilingues, structure franco-espagnole inaugurée en 2010, rue Matias Turrion. Diventium, type Montessori, plus ancienne, rue Matias Turrión également.
Le mot de la fin (de la première partie) :
Dans ce coin d’Arturo Soria, c’est sans doute plus simple de faire ses courses à pied que dans le Parque. Même sans voiture, on se sent dans Madrid grâce au métro. Attention toutefois à choisir une maison avec les chambres sur jardin et non sur la rue Arturo Soria, sinon c’est métro/boulot/ruido…
Val'

