(mon loustic le jour de sa naissance)

Tour d'abord, une petite précision : en Espagne, comme dans la plupart des pays européens, il existe 2 systèmes de santé : le public et le privé.

Le public
fonctionne de la manière suivante : selon votre quartier vous appartenez à un « centro de salud ». Il s’agit d’un centre de la sécurité sociale où sont regroupés plusieurs médecins généralistes, pédiatres et infirmiers. A l’inscription, on vous octroie un médecin généraliste (ou un pédiatre selon) en fonction de vos disponibilités (matin ou après-midi). Vous pouvez changer de médecin mais uniquement au sein du « centro de salud ».
Pour voir un spécialiste, il faut d’abord passer par son médecin généraliste (un peu comme en France maintenant).
Sur ce petit post d'un blog d'un français à Madrid, vous aurez un point de vue et quelques explications du système.

Dans le privé, si vous n’avez pas de mutuelle, vous avez le libre choix de votre médecin mais vous le payez à 100% de votre poche (et ce n’est pas donné, j'ai entendu parler de 60 à 100€ à Madrid pour consulter un généraliste!).
Si vous avez une assurance médicale (póliza de seguro médico), vous pouvez choisir votre médecin dans la liste des médecins appartenant au réseau de votre assurance privée (« cuadro de médicos ») et vous ne payez pas la consultation. Ou bien vous choisissez un médecin hors du « cuadro » et vous êtes remboursés à environ 80% (et à 90% à l’étranger par certaines mutuelles). Tout dépend de l'assurance prise (certaines ne couvrent que le "cuadro de médicos").

Attention, pour toute ordonnance de médicaments remboursés par la sécurité sociale ou pour tout arrêt de travail (baja), vous êtes obligés de voir de toute manière le médecin de la sécurité sociale.

Bénéficiant d’une assurance, j’ai été suivie dans le privé donc mon témoignage n’est pas représentatif d’une grossesse suivie par un médecin de la sécurité sociale, mais vous pouvez lire sur Expatclic.com le témoignage de Chantal qui a eu 3 bébés dans le systèmes public espagnol.

La grossesse

J’ai eu une visite tous les mois avec échographie. Dans le système public, il me semble que c’est comme en France : une échographie par trimestre.
Au niveau des médicaments, le médecin m’a prescrit de l’acide folique (avant la grossesse et pendant). Et ensuite du fer pour mon anémie. Pour la toxo, j'ai eu de la chance, je l'avais déjà eu!

La préparation à l’accouchement

Dans le système public, il existe des cours de préparation à l’accouchement proposés soit par la mairie, soit par le « centro de salud ». Dans mon quartier, il y avait un cours par semaine proposé par la mairie et on pouvait y aller à partir de n’importe quel mois de la grossesse.
Par mon assurance médicale, j’avais le droit d’assister à un cours de préparation à l’accouchement « privé ». Jai eu le choix entre plusieurs centres où le contenu et le nombre de cours différaient. Dans celui que j’ai choisi les cours pouvaient commencer à partir du 6ème mois de grossesse.

La préparation à laquelle j’ai assisté dans le privé se déroulait de la manière suivante :
5 cours théoriques (gestion de la douleur et du stress, quand aller à l’hôpital, description des différentes contractions, l’accouchement expliqué par un gynécologue avec les différentes possibilités : accouchement par voies basses, forceps, césarienne... mais aussi des généralités sur l’éducation expliquées par un pédiatre, etc..),
8 cours pratiques : gym pour femmes enceintes (pour la circulation, les petits problèmes liés à la grossesse), les différentes respirations, un travail de relaxation,
5 cours de puériculture : explications des tests faits au nouveau-né à la naissance, comment baigner un nouveau-né, comment allaiter, vaccins, les papiers administratifs pour le registre,
-  2 cours « pratiques » après l’accouchement : l’un pour la remise en forme de la maman 40 jours après l’accouchement. On y explique les exercices à faire pour récupérer la ligne (pas les mêmes pour celles qui allaitent), re-muscler son périnée, etc. C’est aussi une mini-thérapie de groupe où chacune parle de son expérience. L’autre cours concerne les massages pour bébé et la maman doit venir avec son bébé.

La présence du papa était habituelle sauf pour les cours pratiques car sans intérêt pour lui. Sa présence n'a été requise que pour les 2 cours de simulation à l’accouchement pour qu’il sache à quoi s’attendre et quoi faire.

Le jour J...

Une fois arrivés aux urgences, nous avons attendu un petit peu, puis une gynécologue du cabinet privé où j’ai été suivie est venue me chercher pour le monitoring (« monitorización »).
On m’a laissée seule quelques instants (mon homme étant resté dans la salle d’attente) puis une autre gynécologue s’est occupée de moi et là, je me suis sentie vraiment prise en main. Le sentiment de confiance était renforcé par le fait que tout le personnel (médecins, infirmiers, sage-femme, brancardier) s’est toujours adressé à moi par mon prénom (j’imagine qu’il s’agit d’une de ses petites différences entre les grands hôpitaux publiques et les cliniques privées). Après auscultation, ils m’ont montée directement en salle d'accouchement pour la péridurale.

En principe, j’aurais dû aller dans une chambre ou une salle de dilatation, mais après une petite attente, je suis rentrée directement en salle d’accouchement et c’est seulement à ce moment - là qu’on est allé chercher le futur papa pour qu’il soit présent pendant l’accouchement.

En ce qui concerne la péridurale, j’ai prévenu l’anesthésiste de ma peur des piqûres et il a pris bien soin de moi, en m’expliquant tout ce qu’il allait faire, tout ce qu’il faisait et en venant me voir ensuite plusieurs fois, même juste après l’accouchement pour savoir comment je m’étais sentie et si je ne lui en voulais pas trop de m’avoir piquée !
Je me suis vraiment sentie en confiance car j’ai été suivie tout le temps par l’équipe de gynécologues.

La sage-femme a été professionnelle mais je n’ai pas eu plus de contacts avec elle qu’avec l’équipe de gynécologues, très présents. Je pense aussi que c’est parce que tout est allé très vite.

Dès ma prise en charge, j’ai été « monitorée » et j’ai été auscultée 3 fois en tout pour mesurer la dilatation. On ne m’a pas proposé d’autres moyens pour gérer la douleur car à mon arrivée à l’hôpital, j’étais déjà très dilatée et les contractions étant de plus en plus intenses, je ne rêvais que de péridurale sans envisager d’autres solutions.
Il y a quelques années de cela la péridurale n’était pas très courante dans les hôpitaux publics espagnols. Aujourd’hui, elle est proposée systématiquement.

L’épisiotomie est aussi très courante. Je n’y ai pas échappé mais il faut dire que j’ai accouché d’un bébé de 4kg...

Quand mon bout’chou est né, on me l’a montré puis il a été emmené par la pédiatre pour le test de Apgar. Très peu de temps après (et toujours dans la salle d’accouchement), on me l’a rapporté avec un petit bonnet, enroulé dans une serviette et on l’a déposé à côté de moi. Une fois dans notre chambre, passé un certain temps, une infirmière est venue le chercher pour le laver, l’habiller, et il est revenu dans un petit lit, habillé et tout beau.

Le séjour à la maternité

J’ai accouché un mardi après-midi et on est rentré le jeudi suivant en fin d’après-midi... Ça m’a fait un peu penser au système américain.

Pour ce qui est du confort, c’était idéal. Une chambre immense (avec terrasse, mais en décembre pas très utile !), un grand canapé pour que le papa puisse dormir confortablement (draps fournis par la clinique), fauteuil, table et chaises, salle de bains, télé, téléphone... et même choix du menu !

Un pédiatre venait voir le bébé tous les jours. Il m’a expliqué les soins du cordon.
Le bain était donné dans la nurserie donc je n’y ai pas assisté.
Le pédiatre ausculte bien sûr le bébé avant la sortie et vérifie son poids.

En ce qui concerne la maman...
Le premier soir, on m’a expliqué comment prendre soin de la cicatrice de l’épisiotomie, etc.
On m’a donné un médicament stimulant les contractions de l’utérus pour qu’il revienne au plus vite à sa taille normale.
Ils prenaient ma température matin et soir.
J’ai eu droit à une prise de sang le dernier jour et visite du gynécologue (vérification du ventre, l’épisiotomie, moral, autres douleurs...)
Je ne souhaitais pas allaiter et l’on m’a donné, sans aucun problème, le médicament empêchant la montée de lait.

A la sortie de la maternité

Comme je le dis plus haut, dans le cours de préparation à l’accouchement était inclus une séance « post-accouchement » où une sage-femme nous a expliqué quels exercices physiques à faire pour raffermir tout ça et muscler le périnée. Chaque femme a raconté son expérience, fait part de ses doutes, etc. Une sorte de thérapie de groupe qui permet de ne pas se sentir seule, de partager ses problèmes.
La rééducation du périnée est possible mais payante.

Dans le public, lors de la première visite chez le pédiatre (une semaine après l’accouchement), on m’a remis le téléphone de la sage-femme si je souhaitais être auscultée ou parler. Je ne l’ai pas contactée puisque j’ai été suivie par mon gynécologue dans le privé. Néanmoins, un mois après, la sage-femme de la sécu a pris directement contact avec moi par téléphone.

Pour ce qui est de l’aide matérielle, d’un point de vue anecdotique, j’ai été submergée de petites mallettes avec des échantillons en tout genre (tétines, produits de bain pour le bébé...). A part ça, en Espagne, les femmes qui travaillent bénéficient d’une allocation de 100€/mois (avant impôts) jusqu’aux 3 ans de leur enfant.

En Espagne, comme en France, à la naissance et une semaine après, il est pratiqué le « test du talon ». Il s’agit en fait d’un test sanguin (le sang est prélevé au talon d’où le nom du test) pour vérifier que l’enfant n’est pas atteint de certaines maladies rares et graves.
En même temps que ce test, le pédiatre vérifie que tout va bien, le pèse, le mesure.
La visite suivante « obligatoire » a lieu un mois après la naissance pour les vaccins.

Les formalités pour le bébé

N’étant pas mariés, nous avons reconnu notre enfant avant la naissance au Consulat. Il suffit que les 2 parents soient présents (munis de leur pièce d’identité). Après la naissance, il a été nécessaire d’apporter le certificat de naissance complet en espagnol (« Acta integral » - le livret de famille espagnol n’est pas valable) et que les 2 parents soient présents (ou être en possession d’une pièce d’identité du parent absent) pour faire la déclaration et obtenir un livret de famille.

Côté espagnol, il faut présenter au Registro Civil de la ville le papier jaune ("Parte médico de alumbramiento") remis par la maternité. Comme nous ne sommes pas mariés, les 2 parents devaient être présents (pour que je reconnaisse le père et qu’il puisse à son tour reconnaître son enfant).                          Rédigé en Avril 2004.

À lire pour plus d'information :
- La naissance à la mode espagnole
- Congé maternité & Co. en Espagne

À venir : de nouveaux témoignages de grossesse et d'accouchement en Espagne (si vous souhaitez témoignez, envoyez-nous un email, merci!) et des informations complémentaires sur le congé maternité.