14 février 2007
Le changement climatique
Petite Chronique Environnementale
Changement climatique : du dernier cri au dernier cri !
Attention bloggeuses et bloggeurs, cet article peut être dangereux pour votre moral ! Mais maintenant que le changement climatique, le « change clim »(à dire d’un air blasé) ou encore le CC (comme je l’utiliserai dans la suite du texte) est sur toutes les lèvres et dans tous les media en raison de ses conséquences désastreuses, quitte à mourir, autant ne pas mourir idiots. Ou plutôt, quitte à pousser son dernier cri, autant essayer d’arranger les choses, pour nous d’abord (charité bien ordonnée…), nos enfants et nos proches, pour finalement…mourir quand même, mais en paix, et heureux d’avoir amélioré la situation ! (Je vous avais bien dit que cet article pouvait être dangereux pour le moral. Ne vous inquiétez pas, cela va passer. Après l’avoir lu, soit vous prendrez un antidépresseur, soit vous aurez un objectif dans la vie.)
Mais commençons par le commencement : qu’est-ce que le CC ?
Le CC est un nom politiquement correct pour dire que nous sommes dans le KK et que le temps est devenu fou à cause de nous, les humains et nos façons de nous chauffer, de produire ou encore de nous déplacer. Ce phénomène ne remonte pas à hier, mais plutôt à avant-hier, vers 1850, lors des grands débuts de la Révolution Industrielle. Les historiens et autres paléontologues diraient plutôt que dès qu’il est apparu, l’homme a transformé son environnement (pensez aux chevaux de la roche de Solutré, au passage à l’agriculture qui a dû changer le paysage, aux invasions - notamment à Attila et à son action défoliante, même si c’est une image - puis beaucoup, beaucoup plus tard, au siècle d’or en Espagne, où les forêts qui recouvraient la Péninsule des Pyrénées à Gibraltar – vous savez l’histoire du singe qui ne touchait pas le sol – ont été décimées, m’a t’on dit, pour construire les navires qui devaient ramener les trésors du Nouveau Monde). Mais avec la Révolution Industrielle, l’homme dévaste, détruit et pollue de façon décuplée, le développement démographique aidant également (le progrès a tout de même permis de mieux guérir, de mieux nourrir et de mieux vivre aussi). La pollution produite depuis 150 ans (et qui continue chaque jour), réchauffe la planète et change le climat en exacerbant les extrêmes au niveau des précipitations (moins souvent mais plus fortes, d’où des inondations et des dégâts dans les maisons et les villes), des températures (en moyenne plus hautes et avec des pointes caniculaires), et de la force du vent (ouragans en Europe comme nous venons de le voir). En conséquence de la hausse des températures se produit la fonte des glaces et la montée du niveau de la mer (problématique pour les pays où plusieurs millions de personnes vivent au bord de l’eau ou pour les villes sous le niveau de la mer comme la Nouvelle Orléans.) La déforestation massive qui entraîne la réduction des espaces vitaux pour les animaux et les plantes (parfois inconnues mais qui auraient pu servir à élaborer des médicaments )et aussi pour les hommes (l’érosion des terres lorsque les pluies lessivent les sols oblige les gens à partir pour pouvoir planter ailleurs) réduit aussi le rôle respiratoire bénéfique des forêts et leur effet climatique (la forêt transpire et rafraîchit les températures).
Bref, c’est la cata. Et cela se voit car les allergies (dues à la pollution) gagnent du terrain, des maladies que l’on croyait disparues sous nos latitudes reviennent en raison de la montée des températures ou de la douceur sur une plus longue durée (voyez les températures de cet hiver !), j’ai nommé la malaria qui a fait son retour en Italie (entendu à la radio il y a peu).
La mer n’est pas mieux traitée : la pêche surexploite les ressources (l’anchois de la mer de Cantabrie, au Nord de l’Espagne, est une espèce disparue. Ceux que l’on trouve chez les poissonniers viennent d’Italie et d’autres régions). Par ailleurs certaines techniques, notamment celle consistant à racler le fond de la mer, sont très contestées car elles arrachent tout et laissent un désert à la place d’un écosystème où les larves, les crustacés et autres bébêtes assuraient le renouvellement des espèces. La pollution en mer, moins visible pour nous qui vivons sur la terre ferme (sauf quand l’Erika passe par là), est présente sous forme de déchets, pollution aux hydrocarbures, aux produits chimiques et nucléaires…et touche certaines espèces (les phoques sont moins résistants aux maladies) ou s’accumule dans les poissons (le mercure, en passant du petit poisson au moyen poisson et au grand poisson) que l’on retrouve ensuite…dans nos assiettes !
Bon, prenez votre pastille mais lisez la suite. Depuis de nombreuses années, je reçois des communiqués de presse m’expliquant tout cela et il y a encore peu de temps, je me demandais si j’allais continuer dans ce métier (j’avais fini par décider de ne parler que des avancées positives de l’Espagne, notamment en matière d’éolien ou en donnant en exemple une île des Canaries qui, il y a 2 ans, a mis en place toute une série d’énergies renouvelables pour essayer d’être autonome et de ne plus consommer la cargaison de 26 pétroliers de 2000 tonnes par an). Jusqu’au jour où j’ai été récompensée en recevant une note de presse d’un organisme international de renom indiquant que lorsque l’on arrête de polluer, la nature récupère plus rapidement que ce que l’on croyait. Bien sûr, cela est valable jusqu’à un certain point car la destruction totale d’une forêt de deux mille ans (pour faire du papier et replanter des essences à croissance rapide), l’extinction d’une espèce ou une catastrophe nucléaire sont difficilement récupérables. Mais la pollution des rivières ou la contamination atmosphérique peuvent être contrôlées et diminuées. Il faut donc encourager les entreprises et nos dirigeants à faire attention. Par ailleurs, contrairement aux hippies qui renonçaient à tout et partaient vivre dans la nature, aujourd’hui les technologies modernes, et soyons confiants, l’intelligence des homo sapiens (nous !) à trouver de nouvelles façons de construire et de produire, nous permettent de ne pas vivre comme des hommes préhistoriques ou de s’éclairer à la bougie.
Nous vivons à un moment clef de l’humanité où il nous faut trouver des façons non polluantes de produire de l’énergie pour nous chauffer, produire les objets dont nous avons besoin et nous déplacer. C’est une autre Révolution Industrielle qu’il faut mettre en place. Elle a déjà commencé, mais il faudrait aller un peu plus vite pour que la pollution ne continue pas son œuvre néfaste. Je ne citerai qu’un exemple, celui de l’automobile. Il est possible de ne pas polluer en ville grâce à des moteurs électriques. L’offre se réduisait à une seule voiture il y a trois ou quatre ans. Au dernier salon de l’automobile à Paris, plusieurs constructeurs ont présenté leur modèle zéro pollution en ville. Nous vivons donc une révolution dans ce domaine, qui s’accélère, et qui nous permet déjà si on le décide de ne plus polluer en ville. A nous, consommateurs, de demander au constructeur de notre choix lors d’un prochain achat s’il fabrique ce type de modèle. (Le hic était le prix car cette technologie se montait sur des modèles haut de gamme, mais je crois que les modèles de catégorie intermédiaire vont aussi en être dotés). Ainsi les promeneurs pourront aller à pied sans s’intoxiquer et les moins sportifs ou plus pressés, en transport en commun ou en voiture propre. Il faut juste vérifier une ultime chose : que la fabrication de ces voitures ne pollue pas plus que celle des voitures habituelles. Mais les usines ont déjà fait des progrès et investissent régulièrement dans des moyens de production toujours plus propres également. La législation européenne puis nationale les y oblige. D’autres avancées se font dans d’autres domaines et au quotidien nous pouvons améliorer les choses nous aussi. L’espoir est donc permis. Mais il faut s’y mettre !
Christine VIRBEL, correspondante en Espagne spécialisée dans l’environnement.
Commentaires
oui mais
votre article m'a bien plu mais je trouve que l'industrie se fait un peu tirer l'oreille pour y aller !! nous particuliers sommes déjà demandeurs depuis longtemps (voiture, énergie renouvelable etc...) qu'attendent-ils: les voitures sont à l'heure actuelle 30 %plus chères alors que ça devrait être le contraire!! quant à l'Espagne houlala!! vers Valencia, la région de la céramique il faut y passer avec un masque pour ne pas s'asphyxier! alors des progrès oui et rapidemment.
Intéressant! J’ai rédigé deux textes traitant de sujets environnementaux, dont l’un a paru dans le journal Le Devoir. À voir sur mon blogue :
http://pourquedemainsoit.blogspot.com/2007/04/le-dogme-de-la-croissance.html
http://pourquedemainsoit.blogspot.com/2007/04/le-complot-de-leau.html
À lire aussi
un blog espagnol sur les énergies renouvelables : http://www.inagotable.es
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=230346&pid=4008450
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :

